Repenser la cyber-résilience pour les systèmes informatiques modernes
Par le passé, les responsables informatiques et leurs équipes s'attachaient à protéger leurs entreprises par la prévention : en renforçant leurs périmètres de sécurité, en déployant davantage d'outils et en bloquant un plus grand nombre de menaces. Cependant, cette approche traditionnelle ne suffit plus pour relever les défis actuels.
Les menaces modernes, les avancées numériques, les infrastructures informatiques hybrides, le durcissement des réglementations et les attentes croissantes des clients obligent les responsables informatiques à repenser leurs stratégies et leurs solutions en matière de cyber-résilience, marquant ainsi le début d'une nouvelle ère pour la sauvegarde et la continuité d'activité.
Les données sont désormais présentes partout : dans les infrastructures sur site, dans divers environnements cloud, sur les plateformes SaaS, ainsi que sur les terminaux et les appareils en périphérie. Parallèlement, les cybercriminels sont plus dangereux que jamais, tirant parti de l’automatisation, de l’intelligence artificielle et des modèles de cybercriminalité « as-a-service ».
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Les cybercriminels et les cyberattaques ne sont pas les seuls défis auxquels sont confrontées les entreprises d'aujourd'hui. Les catastrophes naturelles, les erreurs humaines, les menaces internes et les failles logicielles peuvent également entraîner des perturbations et nuire à la continuité des activités.
Dans ce contexte, la prévention à elle seule ne suffit pas.
Pour prospérer dans un contexte aussi imprévisible, les organisations doivent être prêtes à faire face à des incidents perturbateurs et à se remettre rapidement sur pied lorsqu'ils surviennent.
C'est là que la cyber-résilience entre en jeu.
Poursuivez votre lecture pour découvrir comment renforcer la capacité de votre organisation à anticiper les perturbations, à y résister et à s'en remettre rapidement.
Redéfinir le risque dans un monde où le numérique occupe une place prépondérante
La transformation numérique renforce l'efficacité opérationnelle et la productivité, améliore l'expérience client et favorise l'agilité et l'innovation. Mais elle élargit également la surface d'attaque.
À mesure que les entreprises numérisent leurs opérations, les données circulent entre les clouds, les partenaires, les appareils et les applications. Elles ne sont plus centralisées au sein d’un seul centre de données ou d’un environnement contrôlé, ce qui rend leur surveillance, leur sécurisation et leur restauration plus difficiles. Disposer d’une sauvegarde ne suffit plus. Plus de 90 % des attaques par ransomware ciblent les sauvegardes afin de les supprimer ou de les corrompre et d’empêcher ainsi leur restauration.
Le passage de « si » à « quand »
Les entreprises ont recours à un large éventail d'outils pour faire progresser leurs activités. Chaque nouvelle intégration introduit un nouveau point de défaillance potentiel. Parallèlement, les cybercriminels recherchent les failles entre les outils, les erreurs de configuration dans les différents environnements et les vulnérabilités des systèmes tiers afin de les exploiter.
Alors que les menaces pèsent de plus en plus lourd dans un monde où le numérique occupe une place prépondérante, la question n’est plus « Allons-nous subir une perturbation ? », mais plutôt « En combien de temps pourrons-nous rétablir nos activités lorsqu’une perturbation se produira ? »
La cyber-résilience ne vise pas seulement à prévenir les incidents perturbateurs, mais aussi à garantir que votre entreprise soit capable d’y résister et de s’en remettre. Elle assure la protection, la disponibilité et la facilité de restauration des systèmes et des données critiques de votre organisation, quel que soit leur emplacement.
Les anciennes méthodes informatiques ne font plus l'affaire
De nombreuses entreprises tentent de faire face à l'évolution des risques en enrichissant leur infrastructure technologique de nouveaux outils, tels qu'une solution de sauvegarde, des outils de conformité ou des produits de détection des ransomwares. Cependant, cette approche entraîne non seulement une prolifération des outils, mais accroît également la complexité et crée des angles morts, en particulier si ces outils ne sont pas correctement intégrés.
La prolifération des outils engendre des angles morts
L'un des principaux inconvénients liés à l'utilisation de plusieurs outils distincts est qu'ils communiquent rarement de manière fluide entre eux. Cela alourdit également la charge de travail de votre équipe informatique, qui doit gérer plusieurs consoles, passer fréquemment d'un onglet à l'autre et recouper manuellement les informations. La fragmentation des outils ralentit les temps de réponse alors que chaque seconde compte. La prolifération des outils crée des lacunes en matière de visibilité, augmentant ainsi le risque que des vulnérabilités critiques passent inaperçues.
Les besoins informatiques augmentent. Les équipes, elles, ne suivent pas.
Les entreprises ont besoin de professionnels de l'informatique qualifiés pour gérer la croissance exponentielle des données, l'évolution des cybermenaces et le renforcement des exigences réglementaires. Mais la triste réalité est que, dans la plupart des entreprises, les effectifs informatiques n'évoluent pas au même rythme que les besoins métier et informatiques.
D'un côté, on attend des équipes informatiques qu'elles en fassent plus avec moins de moyens, mais de l'autre, trouver et fidéliser des experts informatiques bien formés reste un défi permanent pour les entreprises, grandes comme petites. Des données récentes montrent qu'il manque environ 4,8 millions de professionnels de la cybersécurité à l'échelle mondiale pour répondre aux besoins actuels en matière d'informatique et de sécurité.
Les exigences en matière de gouvernance dépassent les capacités opérationnelles
La cyber-résilience ne se limite plus aux seules équipes informatiques et de cybersécurité. Elle est devenue une priorité à l’échelle de l’organisation. Alors que les conseils d’administration et les équipes de direction accordent une attention croissante aux cyber-risques, les investisseurs et les régulateurs exigent des preuves de bonne gouvernance. Dans le même temps, les clients s'attendent à un service ininterrompu. Or, de nombreux environnements informatiques restent fragmentés, réactifs et surchargés d'outils. L'approche informatique traditionnelle — axée sur l'ajout d'outils et la réaction aux incidents — n'a pas été conçue pour répondre aux attentes actuelles en matière de transparence, de résilience et de continuité des activités.
Selon le rapport « Global Cybersecurity Outlook 2025 », plus de 70 % des organisations indiquent que leur exposition aux cyberrisques a augmenté au cours des 12 derniers mois, et plus de 60 % citent un environnement de menaces en constante évolution et de plus en plus complexe comme principal obstacle au renforcement de leur résilience.
À quoi ressemble une véritable cyber-résilience ?
En termes simples, la cyber-résilience désigne la capacité d'une organisation à faire face à des incidents cybernétiques tout en assurant la continuité de ses activités. Elle nécessite une approche unifiée s'appuyant sur des capacités intégrées.
Fondamentalement, une organisation résiliente est capable de :
Protéger les données dans tous les environnements
Les données doivent être protégées de manière cohérente, quel que soit leur emplacement : sur site, dans le cloud ou au sein d'applications SaaS. Mettez en place des mécanismes de protection robustes, tels que le stockage immuable, le chiffrement et la vérification des captures d'écran, afin de vous prémunir contre les attaques sophistiquées, les catastrophes naturelles et les suppressions accidentelles.
Gouverner en toute confiance
La gouvernance n'est plus une option. Les organisations doivent assurer la transparence en matière d'accès aux données, de politiques de conservation et d'exigences de conformité dans les différentes régions. Le recours à des systèmes automatisés pour faire respecter ces règles et le regroupement de toutes ces informations en un seul et même endroit contribuent à réduire les risques et à faciliter les audits.
Se remettre rapidement, à grande échelle
La véritable mesure de la résilience réside dans la reprise. Lorsque l'inévitable se produit, votre organisation doit être en mesure de restaurer ses systèmes et ses données rapidement, efficacement et de manière fiable. Les processus de reprise doivent être régulièrement testés, automatisés et coordonnés afin d'éviter toute mauvaise surprise au moment où cela compte le plus.
Éliminer les cloisonnements opérationnels
Une approche unifiée remplace les ensembles d'outils fragmentés par une gestion et une visibilité centralisées. Cela permet de réduire la charge administrative, d'accélérer la prise de décision et de minimiser les erreurs humaines.
Tirer parti de l'automatisation et de l'intelligence
L'automatisation permet de réduire la dépendance vis-à-vis de ressources humaines limitées et d'améliorer la cohérence. La surveillance et le reporting intelligents fournissent à vos équipes des informations pertinentes, et pas seulement des indicateurs techniques.
Les arguments économiques en faveur de la cyber-résilience
Dans une économie fonctionnant en continu, les répercussions d'une perte de données ou d'une interruption de service due à des cyberincidents, à des catastrophes naturelles ou à des erreurs commises par des employés vont bien au-delà du domaine informatique.
Les temps d'arrêt ont de réelles conséquences financières
Les temps d'arrêt imprévus ou les interruptions d'activité ont des répercussions sur le chiffre d'affaires, la productivité et la confiance des clients. Selon une étude menée par Oxford Economics, les temps d'arrêt coûtent aux entreprises [en moyenne 9 000 dollars par minute, soit environ 540 000 dollars par heure](https://www.techtarget.com/searchdatabackup/feature/The-cost-of-downtime-and-how-businesses-can-avoid-it#:~:text=L'étude d'Oxford Economics a estimé,récupérer des données perdues ou corrompues.). Plus la restauration prend du temps, plus les pertes financières et l'atteinte à la réputation sont importantes.
Les contraintes en matière de conformité s'intensifient
Les réglementations en matière de protection des données ne cessent de se développer à l’échelle mondiale, et le non-respect de ces réglementations en constante évolution pourrait s’avérer coûteux pour votre entreprise. Les amendes pour non-conformité peuvent être considérables, mais l’atteinte à la réputation peut s’avérer encore plus coûteuse. Par exemple, des infractions moins graves au RGPD peuvent entraîner des amendes pouvant aller jusqu’à 10 millions d’euros ou 2 % du chiffre d’affaires annuel mondial de l’entreprise au cours de l’exercice précédent, le montant le plus élevé étant retenu. Les infractions plus graves peuvent entraîner des amendes pouvant atteindre 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial de l’entreprise, le montant le plus élevé étant retenu.
Une fois perdue, la confiance est difficile à regagner
La confiance est l'un des atouts les plus précieux dont dispose une organisation. C'est aussi l'un des plus fragiles. À une époque où les clients s'attendent à ce que leurs données soient protégées et disponibles en permanence, un seul incident cybernétique peut anéantir des années de confiance durement acquise — et rétablir cette confiance coûte bien plus cher que de la protéger dès le départ.
La résilience est un facteur clé de compétitivité
Aujourd'hui, les perturbations sont inévitables, et la question n'est pas de savoir « si », mais « quand » un incident cybernétique se produira. Une entreprise résiliente est capable de se remettre rapidement sur pied et d'assurer la continuité de ses activités face à des catastrophes. Elle démontre également à ses clients qu'ils peuvent compter sur elle en toute confiance, ce qui influence leurs décisions d'achat et la conclusion de contrats à long terme.
La résilience renforce également l'agilité opérationnelle, ce qui vous permet de vous adapter plus rapidement au changement, par exemple en réagissant aux incidents de cybersécurité, aux évolutions réglementaires ou aux perturbations du marché.
Instaurer une culture de la résilience
En matière de renforcement de la cyber-résilience, la culture et les processus sont tout aussi importants que les outils eux-mêmes. Pour parvenir à une véritable résilience, votre organisation doit changer sa façon d'aborder les risques, les responsabilités et la reprise après sinistre.
Commencez par considérer le risque cyber comme une priorité pour l'entreprise et non comme un simple problème technique. Fixez des attentes claires, définissez les rôles et les responsabilités, et mettez en place un dispositif permettant une communication régulière.
La formation et la préparation sont essentielles pour renforcer la résilience. Organisez régulièrement des formations afin de permettre à vos collaborateurs d’identifier les menaces, d’adopter des pratiques sécurisées et de réagir de manière appropriée en cas d’incident. Réalisez régulièrement des simulations et des tests de reprise après sinistre afin de limiter la panique, d’identifier les lacunes avant qu’une véritable crise ne survienne et de vous assurer que votre plan de reprise fonctionne lorsque vous en avez le plus besoin.
En fin de compte, instaurer une culture de la résilience revient à faire de la préparation une responsabilité partagée. Lorsque les personnes, les processus et les technologies sont alignés sur les objectifs de continuité et de reprise, la résilience devient une caractéristique déterminante de l'organisation.
En savoir plus sur la manière de renforcer votre stratégie de cyber-résilience et de vous assurer que votre entreprise est prête à faire face à tout ce que l'avenir lui réserve.